Le Blog de Simone

Un musée dédié au slow looking en Suisse

Grazyna Kulczyk a inauguré un musée en Suisse, à Susch, au pied des Alpes, dédié au slow looking. Un espace pour la contemplation, l’observation et l’appréciation de l’art. Voici ce qu’elle dit:

“For years, reports have shown that museum visitors spend between 15 to 30 seconds on a single piece of art. Before the pandemic, people largely found themselves to be time-poor. My hope is that we take newly learned coping mechanisms from this time in waiting into the new reality ahead. Ideally, that means spending more time on individual works, giving them the time to move us, even if we end up seeing less overall. There is a poetic reciprocity in this interaction.”

“Cela fait des années que les études montrent que les visiteurs de musées passent entre 15 et 30 secondes devant une oeuvre d’art. Avant la pandémie, les gens se sentaient sans temps. J’espère que nous appliquerons les récentes leçons de acquises pendant cette période à la nouvelle réalité à venir. Idéalement cela veut dire passer plus de temps sur des oeuvres individuelles, leur donnant le temps de nous émouvoir, même si cela signifie en voir moins. Il y a une réciprocité poétique dans cette interaction.”

Je souhaite un grand succès à ce musée qui ose la qualité au-dessus de la quantité!

Une rose

 

Une rose. Une simple rose. Mais j’ai pris le temps de la regarder, en pleine conscience, pendant longtemps. De près, de loin, de tous les côtés. Et j’ai découvert une infinité de détails, de textures, de tons, de formes.

Tout d’un coup, la rose n’était plus seulement une rose, mais un monde en soi où j’avais envie de me cacher, de plonger dans ces vagues fuchsia, et sentir son parfum qui m’enveloppait. La rose a pris toute  une autre dimension!

Comme le dit Georgia O’Keefe, ” Still — in a way — nobody sees a flower — really — it is so small — we haven’t time — and to see takes time, like to have a friend takes time.”

“D’une certaine façon, personne ne voit une fleur, vraiment, elle est si petite, nous n’avons pas le temps, et voir prend du temps, comme avoir un ami prend du temps.”

La National Gallery de Londres offre des cours de slow looking!

 

Parut dans le journal britannique The Guardian du 23 avril 2020 :

John Selvin, responsable senior des contenus, dit que le slow looking semblait particulièrement pertinent dans les temps qui courent. “Il semble que les personnes recherchent ce moment de paix et calme, ce moment de réflexion.”

Belle initiative!

Le slow looking est une pratique merveilleuse de sensibilisation à l’art. Je vous invite à me contacter pour en savoir davantage et vous joindre à nous pour un atelier de l’art de regarder.

Slow Art au Tate Modern de Londres

When the NHM was founded it was called "a cathedral to nature"

La Tate Modern offre aujourd’hui des sessions de “slow art” pour que les visiteurs apprennent à regarder les oeuvres d’art. De même le Natural History Museum de Londres offre des sessions de yoga pour les visiteurs avant de rentrer dans l’espace du musée, pour déconnecter et pour se concentrer sur ce qu’ils vont voir.

“The more you look the more you see,” points out curator Matthew Gale, who believes the best way of looking at an artwork is to follow where the artist takes you and by looking beyond the picture frame.”
“Plus on regarde, plus on voit, signale Matthew Gale, conservateur du Tate Modern. Il pense que la meilleure façon de regarder une oeuvre d’art est de suivre l’artiste là où il nous emmène et regarder au-delà la du cadre.”
“If you give them the time you will see things that are secret, that can intrigue and raise questions about how the painting was made and what the artist was thinking.”
“Si on donne le temps, vous verez des choses qui sont secrètes, qui peuvent intriguer et soulever des questions sur comment l’oeuvre a été faite et ce que l’artiste pensait.”

Dans mes ateliers nous pratiquons cela: alliant la pleine conscience et le slow looking, je permets aux personnes d’appréhender les oeuvres d’art de façon personnelle et différente. Ce qui est important c’est que nous travaillons en groupe, ce qui permet à chacun de s’exprimer et la somme de toutes les observations se superposent et enrichissent l’expérience de chacun. Car, comme le souligne Johan Idema, entrepreneur d’art et auteur de “How to Visit An Art Museum”, les personnes ont tendance à se sentir seules devant une oeuvre d’art et voudraient partager leur expérience.

 

 

Lubaina Himid au CAPC

Très belle exposition de Lubaina Himid, représentante du British Black Art, intitulée Naming the Money. Dans la nef du CAPC, on trouve une centaine de “silhouettes en contreplaqué peintes qui donnent vie aux serviteurs africains représentés auprès de leurs maîtres comme faire-valoir dans la peinture européenne des XVIIe et XVIIIe siècles”.

La musique et la voix de Lubaina nommant chaque personnage, nous transportent et on déambule au milieu de ces personnages colorés qui deviennent des personnes avec un nom, une profession, une âme.

Le choix de la musique est symbolique et éclectique: du Kol Nidrei, musique qui marque l’entrée du Yom Kippour,  à Buena Vista Social Club en passant par John Coltrane et Miriam Makeba.

On peut y passer un long moment, puis revenir lorsque la musique change car l’ambiance est autre.

À ne pas rater!

 

Clément Cogitore dévoilé pendant l’atelier à la Base sous-marine

L’atelier a eu lieu et ça été top! Les personnes présentes ont bien participé et ont découvert toute la signification de l’oeuvre magnifique de Clément Cogitore. C’est une immense satisfaction de voir comment les personnes s’approprient l’oeuvre et découvrent par eux mêmes, en regardant, le sens de l’oeuvre.

Merci à tous ceux qui sont venus! Et à l’équipe de la base qui m’a aidé avec le son et les lumières!

L’art de regarder à la Base-soumarine le 23 novembre

photo de Little Shao

Les vidéos de Clément Cogitore méritent que l’on s’attarde longuement pour en saisir toute la beauté, la complexité et la force, surtout des Indes Galantes. C’est un étonnant mix de l’opéra de Rameau avec du “krump”, une street dance particulièrement forte et physique. Le résultat est éblouissant!

Nous en reparlerons après notre atelier qui aura lieu ce samedi à la Base sous-marine.

La magie de voir

Voir est vraiment une sorte de magie, un plaisir perceptuel, une source de réel apprentissage et questionnement, une porte vers des mondes invisibles. En tant qu’adultes, nous avons beaucoup à réapprendre.

David Ulrich, “The Widening Stream”, tiré du site de Kim Manley Ort

L’évolution de nos modes de vie a accéléré notre quotidien. Nous avons parfois le
sentiment de passer à côté de l’essentiel.
Et si notre épanouissement passait
par un ralentissement et un
regard plus présent ?

SIMONE RASKIN

INTAGRAM

@SIMONERASKIN